Fédération de l'Isère

Fédération de l'Isère
Accueil
 
 
 
 

Congrès départemental des 26 et 27 janvier 2013 - Rapport de Jérôme Marcuccini

Permettez-moi tout d'abord quelques mots sur la situation internationale. Faisant fi du déferlement de propagande haineuse, l'ONU a accordé à la Palestine le statut de membre observateur. Il s'agit d'une avancée importante pour la paix dans cette région ainsi que pour la reconnaissance des droits du peuple palestinien. Cependant la riposte coloniale décidée par Israël, montre que la paix est encore loin d'être acquise et que le peuple palestinien risque de payer cher encore son refus de la domination.

 

En cette ouverture de congrès, nous avons bien évidemment une pensée pour les trois militantes kurdes qui ont été assassinés dans leur bureau à Paris. Ces trois femmes étaient des démocrates, militantes d'une cause juste, l'inscription dans la Constitution turque de la reconnaissance des droits politiques et culturels du peuple Kurde. Cet assassinat doit donner le signal d'une solidarité renforcée avec le peuple Kurde et de la mobilisation générale pour que triomphent justice et paix. C'est ce qui me conduira à représenter notre Fédération au Kurdistant à l’occasion du procès inepte qui aura lieu le 15 février contre Sevil Sevimli, une jeune militant Kurde.

 

Nous exprimons aussi notre inquiétude devant la nouvelle et grave situation créée par la reprise de la confrontation armée au Mali. Si l'intervention militaire engagée peut stopper une offensive djihadiste, elle ne réglera pas le problème sur le fond, ni dans la durée. L'intervention militaire française comporte de grands risques de guerre et d'enlisement sans véritable solution durable pour le peuple malien et pour la reconstruction du pays. Nous ne sommes, en fait, qu'au début d'une crise devenue maintenant une guerre ouverte.

 

Le Parti communiste français a toujours pris parti contre toutes les formes d'intégrisme et pardessus tout contre l'action des forces réactionnaires de l'islamisme politique radical. Nous œuvrons contre toute logique politique dont le dessein est d’œuvrer contre l’émancipation humaine, notre but.

 

En ce sens, la manifestation qualifiée de « manif pour tous » par les intégristes catholiques qui l'ont convoquée, constitue pour toute nation qui ose se prétendre civilisée, une honte au moins aussi grande que celle d'enfermer les femmes sous les burqas des talibans.

 

Dans ce débat indécent, nous aurons tout entendu et surtout le pire. Les défenseurs de la sacro-sainte cellule familiale basée exclusivement sur la filiation d'un père et d'une mère défendent ce qu'ils considèrent comme un ordre naturel. Ils s'opposent en cela à l'ordre humain qui à toujours gouverné au progrès de la civilisation au moins depuis la Révolution Française ainsi que les valeurs qui sont les nôtres.

 

Nous sommes les adversaires farouches de la droite extrême et de l’extrême droite, de toutes les conceptions haineuses de la société. Comme nos camarades de la fédération du Rhône, comme nos 6 jeunes communistes attaqués au seul motif qu'ils étaient communistes, ce qui fait de nous les premières cibles de ces attaques, c'est que nous constituons le premier rempart contre les logiques fascisantes de l'extrême-droite. Par nos valeurs et par nos combats, nous incarnons à travers l'histoire de ce pays, l'esprit des justes, de celles et de ceux qui s'opposent à la déportation, qui combattent la colonisation, qui refusent la domination militaire et la guerre.

 

Nous sommes de ce peuple qui résiste et qui porte les valeurs de 1789, des Droits de l'Homme, de la Commune et de la Résistance. Nous sommes pour la solidarité, l’action collective, la recherche du progrès, la coopération, la paix. Jamais nous ne renoncerons.

 

L'histoire avance comme elle a avancé au moment du droit de vote des femmes, des jeunes à partir de 18 ans, de l'IVG, ou demain nous l'espérons, le droit de vote des étrangers. Celles et ceux qui tentent de l'arrêter par les moyens de la peur ou de l'intimidation de l'autre, n'y parviendront pas.

 

C’est d’un autre monde dont nous avons besoin et qui repose effectivement sur la démocratie et le partage des richesses ; un monde qui serait bâti sur les besoins exprimés par l’être humain ; un monde dans lequel les dividendes seraient remplacés par des emplois productifs ; un monde où l’on ne consacrerait plus 1.735 milliards de dollars pour faire la guerre alors que 170 milliards de dollars suffiraient à éradiquer la pauvreté de la planète.

 

 

 

Nous ouvrons notre 36ème congrès dans un climat de crise sans précédent.

 

Cette crise est le fruit de 30 années de dérive, du toujours moins d’Etat et toujours plus d’argent ; mais le résultat, lui, est sous nos yeux, brutal, injuste, inhumain. Une jeunesse qui se sent à juste titre exclue, des ouvriers, des employés méprisés, des retraités isolés, des familles désemparées, et une pauvreté qui n’en finit pas d’augmenter.

C’est dans ce contexte tendu qu'il y a maintenant 7 mois, une majorité de Francai-e-s a décidé d'en finir avec Nicolas Sarkozy et l’arrogance de la droite et du gouvernement des riches.

 

Parmi elles et eux, 4 millions de personnes ont voté pour Jean-Luc Mélenchon le candidat du Front de Gauche et du Parti communiste au premier tour. La grande majorité de ses voix est venue alimenter l’élection de François Hollande au second tour et a contribué à l’élection d’une majorité de gauche à l’Assemblée nationale, comme nous l'avions fait au Sénat.

 

Pourtant l'essentiel des femmes et des hommes qui ont contribué à la victoire de la gauche sont aujourd’hui inquiets, voire déçus par les choix du gouvernement.

 

Pour ses vœux aux Françaises et aux Français, François Hollande a annoncé qu'il pensait que la sortie de crise serait pour 2013. Il a bien fait de ne pas être trop catégorique.

Il a annoncé également qu'on gardait le même cap, celui de l'austérité, c’est-à-dire qu'on augmentait de 3 centimes de l'heure les 4 millions de smicards du pays, qu'on débloquait avec grand-peine 2 milliards pour les 8,5 millions de démunis ou encore que l'on distribuait 20 milliards d'euros à quelques milliers de patrons afin de nourrir la finance avant qu'elle ne nous dévore, qu'on augmentait la TVA à 20 puis 21%.

 

La véritable « guerre de classe » menée par tous les tenants de l’ordre capitaliste établi, à travers notamment leurs multiples relais médiatiques, contre la moindre mesure écornant même à minima leurs privilèges, contraint d’ailleurs tous ceux qui n’ont pas renoncé à l’idée même de progrès et de justice sociale, à se mobiliser plus fortement et activement que jamais.

 

Je pense par exemple à la taxation à 75% de la part des revenus dépassant le million d’euros, une des trop rares mesures positives votées depuis juin dernier et dénoncée avec des cris d’orfraie par le Medef, la droite et toute leur ribambelle d’ « experts » en tous genres : ce serait un comble qu’un gouvernement qui se réclame de la gauche, recule devant le chantage et l’insulte des plus riches au moment même où on nous apprend que la fortune des 100 personnes les plus riches du monde a augmenté de 241 milliards en 2012 tandis que la pauvreté atteint des records au cœur même d’un pays riche comme la France.

Cet exemple résume à lui-seul l’énorme défi qui est posé à notre peuple pour 2013 : l’aspiration majoritaire au changement qui a conduit à chasser Sarkozy et l’UMP du pouvoir en 2012 va-t-elle enfin réussir à imposer des choix nouveaux ou au contraire la majorité gouvernementale va-t-elle continuer de  s’inscrire dans le renoncement et les reculs préfigurés par l’acceptation du Traité européen d’austérité « Merkozy » à l’automne ?

Dans tous les domaines, la question est posée : changement ou renoncement ?

On l’a vu sur le dossier Arcelor-Mittal où d’une manière totalement idéologique, le gouvernement a finalement renoncé à la possibilité de la nationalisation du site de Florange, alors même que les services de Bercy reconnaissaient dans une note rendue publique que cette solution était tout à fait viable.

On l’a vu sur les contenus des budgets de l’Etat et de la Sécurité sociale s’inscrivant dans l’objectif de réduction de 60 milliards de dépenses publiques sur le quinquennat avec des conséquences  immédiates graves, par exemple sur les budgets des hôpitaux publics ou sur les dotations des collectivités locales ou encore sur le budget de la culture qui subit pour la première fois de son histoire une baisse sensible.

On le voit encore à travers le fameux « Pacte de compétitivité » avec 20 milliards de plus de cadeaux fiscaux pour le patronat sans contreparties réelles ou encore les pressions faites pour imposer une flexibilité accrue pour les salariés, alors même que ces politiques menées depuis 30 ans maintenant ont montré leur totale inefficacité du point de vue de la création d’emplois.

Ces débats sur ce qui devient chaque jour un peu plus une orientation « sociale-libérale » des choix gouvernementaux – « social-libéralisme » encore non reconnu à l'exception de Cahuzac qui il est le seul pour le moment à s’exprimer aussi franchement – ces débats traversent la majorité PS-EELV elle-même, avec des voix qui peu à peu se font entendre pour s’interroger voire contester certaines décisions.

 

Pour sortir notre pays de la crise, face à la droite et l’extrême droite, ce que nous voulons c'est une gauche qui respecte ses engagements, une gauche qui combatte la finance en s’appuyant sur la volonté populaire qui l’a porté au pouvoir.

 

Ce n’est pas en appliquant le traité Merckel-Sarkozy qu’on trouvera des solutions pour la croissance. L’austérité conduit au chômage de masse, à l’endettement, à la pauvreté généralisée, à la récession. Il n’y a pas à suivre le chemin des socialistes grecs ou espagnols. Regardez avec nous l’échec de la politique sociale libérale dans ces pays et en Europe, échec qui a conduit au retour d’une droite extrême. Nous ne favoriserons jamais un retour de la droite, mais ces 6 premiers mois du gouvernement sont largement suffisants pour montrer que le chemin pris n’est pas le bon.

 

Alors, il y a ceux qui s'offusquent, qui s'agitent, qui ruent quand le PCF et le Front de Gauche publient des vœux pastiches du Président de la République, où les promesses non-tenues sont rayées à l'épreuve de la réalité.

 

Ainsi Harlem Désir, qualifie-t-il cela de faute contre la Gauche et Jérôme Cahuzac nous accuse-t-il de « faire le pari de l'échec » afin, poursuit-il de « rafler la mise » quand le gouvernement n'y sera plus.

 

D'abord l'échec, nous n'en faisons pas le pari, parce que l'échec se crée dans le déception du peuple. On nous accuse de tendre la jambe en criant que le gouvernement va tomber, qu'il ne réussira pas sa course, sauf que le gouvernement est déjà à terre, il s'est couché devant la finance, et le Peuple, et la Gauche, attendent qu'il se relève enfin pour affronter le changement qu'il nous a tant promis, qu'il a tant vanté et qu'il a bien vendu aux électeurs. Assez de grandes promesses ! Assez d'excuses ! La gauche doit agir concrètement. Dire cela ce n'est pas faire le pari de l'échec mais celui de la réussite.

 

Nous voulons que réussisse le changement ! Nous voulons que ce gouvernement réussisse parce que s'il échoue nous savons que ce sera la Droite qui « raflera la mise », ou pire encore.

 

Des solutions existent contre cette crise, nous devons continuer à nous unir afin d'obliger le gouvernement à tenir ses promesses et à mettre en place les réformes et solutions qui s'imposent et que porte le programme partagé du Front de Gauche.

 

Imaginons une Europe où la dette souveraine serait, comme c'était le cas avant 1973, portée par la banque centrale. La Grèce serait hors d'atteinte de la prédation financière et nous pourrions, en France, baisser la TVA d'environ 7,43%, soit le montant de 50 milliards d'intérêts que nous versons aux banques privées.

Alors certains hurlent que nous dévaloriserions ainsi la monnaie, que les Français-es y perdraient leurs économies... Ils y perdraient d'abord leurs dettes, car pour la majorité, nous avons déjà consommé nos économies des 20, des 30 prochaines années. La liste des découverts et des interdits bancaires s’allonge de jour en jour, plus vite encore que ne s'allonge la liste des milliardaires.

Et enfin pourquoi mentir ? Quand la BCE crée 1 040 milliards d'euros d'un coup, afin de recapitaliser des banques qui prêtent ensuite aux états, la BCE ne pourrait-elle pas recapitaliser directement les états et effacer une belle partie de leurs dettes ? Bien sûr, il faut d'abord la repenser et réorienter ses missions vers le soutien au développement des états plutôt qu'au développement des dividendes. C'est un pouvoir qui appartient aux peuples d'europes.

 

Imaginons qu'après avoir redistribué en pouvoir d'achat ces plus de 7% de TVA, nous augmentions les salaires de 300 euros, que nous reprenions les désormais 70 milliards annuels de cadeaux fiscaux aux entreprises pour créer un fond d'investissement et de réindustrialisation de 350 milliards d'euros par an afin de créer des centaines de milliers d'emplois, que nous reprenions les dizaines de milliards d'exonération de cotisations sociales qui déséquilibre les comptes de la Sécu et des retraites ;

Imaginons que nous reprenions les 80 milliards d'aides des collectivités territoriales aux entreprises pour renforcer l’Éducation, pour rendre gratuits les transports, pour améliorer l'accès à l'eau, à l'énergie ;

 

Imaginons que nous donnions de nouveaux droits aux salariés pour intervenir directement dans les choix de leur entreprise ; que nous bâtissions une nouvelle démocratie, une nouvelle Europe, un nouveau monde...

Imaginons que le rêve soit possible. Autorisons le rêve qu'interdisent les experts de la pensée dominante et ce n'est plus la crise que nous devrons dépasser.

 

Comme nous l’avons fait durant la campagne du Front de gauche en 2012 avec le programme « l’humain d’abord », nous nous adressons à l’ensemble du peuple de gauche et par-delà à tous les salariés, à toutes celles et tous ceux qui aspirent à ce que les choses changent, pour débattre d’autres choix possibles, d’autres propositions alternatives et pour construire les rassemblements, les actions nécessaires pour les faire avancer.

 

Il est grand temps de rallumer les étoiles, pour éveiller les consciences à prendre le flambeau. Il faut effectivement rallumer les étoiles, combattre l'austérité, politique qui entretient la misère et le chômage dans toute l'Europe. Il est temps de rallumer les étoiles pour combattre ce fatalisme, pour combattre cette résignation que nous assène tous les jours les médias en nous expliquant les conséquences de la crise mais surtout pas les causes. Rallumons les étoiles pour convaincre qu'une autre société est possible, pour redonner sens au principe Liberté, Égalité, Fraternité !

 

Le texte préparatoire à notre Congrès, qui reprend en titre ce beau vers de Guillaume Appolinaire, est d’ailleurs entièrement un appel à prendre à bras le corps tous les défis, toutes les questions qui sont devant nous, à nous impliquer complètement dans toutes les luttes à mener, dans le prolongement de tous les combats qui ont marqué l’année 2012.

 

Après les campagnes du Front de gauche, les initiatives de préparation de notre congrès ont confirmé une attente nouvelle à notre égard. Il est attendu de notre congrès une confirmation et un approfondissement de nos transformations novatrices.

 

Pour contester la propagande quotidienne des tenants de l’ordre établi, pour faire reculer la résignation, le doute qui s’est emparé d’une partie de nos concitoyens, pour contribuer à transformer les colères en luttes collectives et constructives, nous devons mener une formidable bataille d’idées.

 

Ce sont finalement, d’une manière ou d’une autre, ces questions qui sont au cœur de nos discussions de Congrès : « quel projet alternatif nous portons face à la crise du capitalisme et aux impasses libérales ? » « Quelle construction et comment, d’un rassemblement majoritaire pour imposer les changements nécessaires ? » et « Quel Parti communiste pour animer ce combat transformateur ? ».

Vous l’avez vu, la très large approbation du choix de la base commune intervenue lors du vote des communistes au mois de décembre marque l'approfondissement de notre unité. Elle pose d’emblée notre ambition de « changer le monde » et de faire que le 21e siècle soit celui qui permette de « rompre avec le capitalisme en le dépassant ».

 

Fin 2008, avec Marie-George Buffet, nous avons ouvert une nouvelle période et marqué la naissance du Front de gauche. En 2010 nous avons ouvert la voie à une campagne présidentielle inédite. En 2013, nous sommes décidés à pousser d'un même pas les développements du Front de gauche et les transformations de notre parti.

 

En deux congrès successifs le texte présenté par la direction nationale est passé de 57% à 68% d'expressions favorables, ce qui témoigne de la cohérence sans cesse plus visible entre existence d'un Front de Gauche et existence du Parti Communiste Français.

 

De la révolution informationnelle et technologique, aux modes de vie et de consommation, de l'évolution des modes – et donc des rapports – de production, à la mondialisation qui voit émerger de nouvelles super-puissances et de nouvelles formes d'exploitation, ces trente dernières années marquent des transformations profondes du monde et des rapports sociaux.

 

Pourtant, le vieux siècle demeure : La suprématie des États-Unis et de leurs alliés sur le monde n'a pas encore disparu. La Russie cherche toujours à s'affirmer comme contrepoids géostratégique et à la fois comme alter-ego de la super-puissance américaine. Ses positions sur le dossier Libyen ou plus significativement dans la crise syrienne masquant la bataille politique, idéologique et militaire pour le contrôle de l'Europe qui se déroule pourtant en silence.

 

En naissant au carrefour de ces deux époques, la crise qui éclate en 2007, résulte bien sûr du défaut structurel d'une économie tournée vers l'exclusive rentabilité financière – bien que permettant une gigantesque réorganisation des capitaux – mais révèle également les tentions qui existent au sortir de la vieille structure du XXème siècle ainsi que leur résistance à la naissance des structures du XXIème.

 

C’est certainement d’ailleurs une des dimensions essentielles de ce texte préparatoire de notre Congrès que de porter toute notre réflexion dans ce véritable changement d’époque dans lequel nous sommes.

 

Aujourd’hui ce qui monte partout même d’une manière confuse, contradictoire, c’est le constat de la crise profonde et durable du système capitaliste, du capitalisme, le constat de l’échec retentissant de toutes les politiques libérales et sociales-libérales du point de vue de l’intérêt des peuples et ce qui monte partout, c’est la recherche d’alternatives à ces choix, c’est l’aspiration à la construction d’une société et d’un monde dégagés de la dictature des financiers et se donnant comme priorité « l’humain d’abord » pour reprendre le beau titre du programme du Front de gauche.

C’est le sens des questionnements contenus dans la première « fenêtre » de discussion de notre texte.

Cela amène directement à la question du « comment faire ? » pour construire les rassemblements, les solidarités nécessaires pour faire reculer la domination du capitalisme et de toutes les formes d’exploitation et d’oppression, ce que le texte pose dans la deuxième « fenêtre » comme la nécessité de « construire une nouvelle conscience de classe » pour lutter « contre la fragmentation » organisée de la société, les divisions, les visions ethnicisées du monde, l’individualisation des rapports sociaux ».

 

La question des rassemblements nécessaires pour changer pose inévitablement dans notre pays, la question de notre rapport à la gauche, de ce que « recouvre aujourd’hui l’idée de gauche » alors que la 3e fenêtre de questionnements considère que « le clivage droite-gauche continue de structurer l’électorat » ce qui ne manquera pas d’alimenter par exemple les réflexions à mener cette année sur notre démarche de préparation des prochaines élections municipales, en mars 2014.

Dans le prolongement de ces questionnements sur la gauche et son devenir, le texte nous propose de revenir évidemment sur l’expérience de 4 ans du Front de gauche, une démarche qui a, je cite le texte, « suscité un immense espoir » et dont nous portons l’ambition qu’elle soit « capable de bousculer le rapport des forces à gauche jusqu’à rendre majoritaires les options de transformations sociales en son sein ».

 

La 4e fenêtre de questionnements nous interroge clairement sur « les propositions à porter, les conditions pour l’élargissement de cette dynamique du Front de gauche » alors que nous avons décidé avec les autres composantes du Front de gauche de l’animation durant les mois qui viennent d’une grande campagne nationale pour mettre en débat et agir autour de propositions alternatives à l’austérité.

 

Enfin la 5e fenêtre et la dernière partie du texte réaffirment sans aucune ambiguïté la nécessité de l’existence d’un parti communiste tout en travaillant aux changements nécessaires dans nos pratiques, dans notre mode de fonctionnement pour qu’il soit toujours mieux un parti populaire, un parti d’émancipation, d’action et de rassemblement, libérant l’initiative des communistes tout en renforçant notre projet commun.

 

Nous le savons, les transformations dans lesquelles nous sommes engagés et qui visent à refaire de notre parti un acteur majeur de la transformation sociale en France et en Europe sont un travail de longue haleine, sur plusieurs congrès. En 4 ans, depuis 2008, le chemin parcouru est très significatif mais il en reste beaucoup. Les textes produits pour ce congrès et la base commune sont des pièces importantes.

 

Nous devrions consacrer aussi un temps de discussions, à partir de l’expérience et de la vie de notre Fédération, afin de se donner des objectifs pour la période à venir : profitons d’ailleurs que l’année 2013 est une année sans élections, pour nous donner davantage de temps pour améliorer notre organisation, la vie du Parti, le lien avec les adhérents, leur formation et en particulier l’accueil, l’intégration et la formation des nouveaux adhérents, des jeunes qui ont rejoint notre parti ces dernières années !

 

Le PCF se distingue des autres formations politique par sa volonté d'un changement révolutionnaire avec le dépassement du capitalisme et de ses contradictions destructrices pour les êtres humains et leur environnement. Cette originalité le conduit à chercher non pas l'approbation silencieuse des citoyens, mais l'engagement dans l'action des masses, et pas simplement lors des échéances électorales. Être en phase avec la population, avec la classe exploitée, est en soi un combat quotidien et exige un renouvellement constant des pratiques politiques et militantes. C'est dans ce cadre là que le Parti a engagé le processus de transformations il y a trois ans.

 

Avec la révolution informationnelle, de nouvelles possibilités s'offrent aux communistes pour décupler leurs forces, mais émerge aussi la responsabilité pour le PCF de promouvoir et d'oeuvrer à son appropriation quand la classe dominante tente de la confisquer à son avantage. C'est pourquoi le processus de transformations du Parti doit mettre l'accent sur le renouvellement des pratiques militantes et l'appropriation des Technologies de l'Information et de la Communication.

 

Globalement nous avons dans notre département des points d’appui pour aborder ces questions de manière offensive et dynamique car le Parti communiste est une force qui compte et qui participe de manière active – ce sont par exemple des initiatives marquantes comme les 55 assemblées citoyennes du département, ou la prise de la Bastille le 18 mars, ou encore le Prado ; une participation visible et active à de nombreuses luttes sociales ces dernières années, avec des initiatives publiques fortes qui ont rassemblé des centaines de personnes de toutes sensibilités progressistes comme le meeting du monde du travail ou l'espace citoyen pour une alternative dans l'éducation ou encore LUCIDE, le front de lutte contre les idées d’Extrême droite ouvert après l'agression des 6 JC ; c'est aussi ou le meeting de Villeurbanne avec 40 000 personnes ; c’est encore une présence qui s’est renforcée devant de nombreux lieux de travail  et avec les salariés (Caterpillar, Thalès, Atral, Lafarge, Calor, HP, la Poste, etc....-) pour défendre l’emploi,  les services publics et l’industrie, ce qui a contribué à recréer  des liens avec de nombreux syndicalistes.

 

En 2012, au cours de 2 rencontres départementales avec le monde du travail, nous avons posé les jalons d'un dialogue retrouvé et de la confiance avec les travailleuses et les travailleurs. Nous avons prouvé que nous étions disponibles, sensibles et à l'écoute pour agir. Nous sommes allés à la rencontre de celles et ceux qui étaient en lutte dans leur entreprise et nous avons agi afin de les soutenir. Nous voulons aller plus loin.

 

Nous nous déclarons aujourd'hui disponibles avec les forces du Front de Gauche afin de passer la porte des entreprises, à étendre ce que nous avons entrepris à l'ensemble des travailleuses et des travailleurs de ce département. Parce que le monde de l'entreprise n'est pas exempt de choix politiques, parce que la politique touche à tous les domaines de la vie, nous sommes prêts à entendre et à défendre le monde du travail, dans un respect précieux et infini des organisations syndicales tel que nous l'avons montré jusqu'à présent. Conscients de nourrir ainsi les luttes les plus profitables à notre pays, nous sommes prêts à nourrir l'ensemble de nos propositions politiques de ce que les travailleurs ont à nous dire.

 

Nous avons ouvert les portes d'une alternative politique et citoyenne en rassemblant pas moins de 4 000 personnes dans les 55 Assemblées citoyennes du département. Poussons cette porte entrebâillée pour mettre en chantier les projets municipaux sur la base desquels nous nous engageons dès à présent avec le Front de gauche, avec le front du peuple.

 

Laurence Parisot s'inquiète de ce que monte dans le pays un climat d'insurrection, « quelque chose qui s'apparente à 1789 » nous dit-elle. Elle a tout à fait raison et particulièrement sur cette terre de Dauphiné où le 7 juin 1788, le peuple de Grenoble écrasé de l'impôt dont ne s’acquittaient pas les plus riches, chassait à coup de tuiles la troupe venue lui confisquer ses droits.

 

À nouveau, voici le Peuple forcé à ployer le genoux devant les fortunes et les puissants. À nouveau voici la faim et la misère qui s'étendent. À nouveau voici le puissant qui dictent sa loi à la foule immense des faibles. À nouveau le pouvoir est dans l'impossibilité d'apporter le changement au Peuple si celui-ci ne fait pas entendre sa voix. Et bien, Cher-e-s Camarades, faisons-la entendre et raisonner !

 

Nous avons lancé un appel à l'ensemble des forces du Front de Gauche, à toutes celles et à tous ceux qui sont résolu-e-s à bâtir le changement, à celles et ceux qui n'en peuvent plus d'attendre afin d'organiser en Isère des États Généraux de la vie locale.

 

Partout dans les communes, invitons nos concitoyen-ne-s à se rassembler, à débattre, à lutter, à construire les initiatives du changement du local au national, et à l'international sinon l'échelle européenne.

 

 

Parce que nous ne pouvons imaginer cette révolution citoyenne en mouvement sans entreprendre les chantiers nationaux et européens qui permettront de desserrer l’étau qui nous étrangle, nous vous proposons d'animer ces états généraux d'un grand forum départemental qui à travers le territoire viendra poser les enjeux de la démocratie, de la ré-industrialisation et de l'emploi, de l'impôt et de la solidarité, du transport, de l'eau, de l'énergie et de la planification écologique...

À celles et ceux qui sont résolu-e-s à bâtir le changement, à celles et ceux qui n'en peuvent plus d'attendre, nous convoquons là où le 7 juin 1788 le peuple se soulevait pour la justice et le droit, à Vizille, des états généraux de la vie locale, un forum de l’alternative à l'austérité. Nous y renouvellerons en quelques sortes, le serment de Barnave qui au côté de Mounier, proclamait un appel qui demeurera dans l'histoire : "un homme, un vote" en renouvelant notre engagement pour la parité à tous les scrutins.

 

À l'automne, nous verserons nos premiers travaux comme contribution aux assises nationales du changement, initiées par le PCF et le Front de Gauche.

 

 

Le PCF dans l'Isère c’est aussi un parti qui compte avec près de 2.100 adhérents, avec un réseau de 230 élus, un parti ancré dans les réalités d’aujourd’hui et tourné vers l’avenir.

 

Un parti aussi qui ne dissocie pas nos luttes pour l’avenir de notre pays et de notre peuple, des luttes et du destin des autres peuples tant le monde est devenu un village, avec des défis communs où personne ne peut imaginer vivre longtemps dans l’ignorance ou le mépris du malheur des autres : nous devons certainement de ce point de vue développer nos initiatives, je pense en particulier à la question de la Palestine dont la récente reconnaissance de son statut d’Etat observateur à l’ONU, doit nous encourager à développer les mobilisations nécessaires pour qu’enfin le peuple palestinien voit ses droits légitimes totalement reconnus.

Vous le voyez comme nous l’avons chanté tant de fois en 2012, « on ne lâche rien » et nous commençons cette année avec « un appétit d’ogre » comme le dit notre texte de congrès qui nous appelle aussi à être un  « parti déchaîné », à l’initiative sur toutes les questions, pour contribuer concrètement « à rallumer les étoiles ».

 

Je terminerai mon rapport par quelques mots sur la direction départementale.

 

Afin d’atteindre nos objectifs, nous devons nous donner les moyens d’une direction à la hauteur des défis que nous voulons relever.

 

Nous avons besoin d'une direction apte à faire vivre les choix des communistes lors de ce 36ème congrès.

 

En la renouvelant, nous prouverons que nous avons un parti bien en phase avec ce qui bouge dans la société, particulièrement chez les plus jeunes, dans le monde du travail, sur les questions sociétales et en matière de communication. Ainsi, le travail de la commission des candidatures nous amène à envisager près de 50% de jeunes dans le renouvellement, ce qui nous amènera – certains y reconnaîtrons l'humour – à 50% de 50% de la direction.

 

Enfin, Cher-e-s Camarades, comme j'ai eu le plaisir de le dire à l'ocassion des vœux de la Fédération, " Li koulli nathratien  il la   al madi, a linna an nanth ourou mara tiien  il la  al  mustaqbal ". « Pour chaque regard que nous jetons en arrière, il nous faut regarder deux fois vers l'avenir. »

 

 

 

Je vous remercie de votre attention et vous souhaite à toutes et tous de bons travaux.

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.