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Le contre Budget des parlementaires communistes

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le 09 November 2017

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    Notre projet éducatif, en particulier pour le second degré

    Suite à une demande du SNES FSU concernant notre projet éducatif, en particulier pour ce qui est du second degré, nous vous donnons ici les réponses - que nous avons été en mesure de leur apporter dans l'état actuel de la réflexion au sein du PCF en tenant compte des nombreux débats dans le cadre du Front de Gauche et du Programme populaire et partagé - à savoir, notre position et nos réactions à leur propre projet dans les domaines suivants :

     

    1. Les objectifs du projet éducatif, en particulier du second degré

    2. Organisation et structure du second degré

    3. Personnels du second degré

    4. Financer ces ambitions

     

     

    1 : Les objectifs   Qu’il soit explicite ou implicite, le projet éducatif est toujours présent dans les mesures et les réformes touchant l’Ecole. Depuis de nombreuses années nous sommes confrontés à un projet libéral quant au fond, jamais proposé au débat en tant que tel, et souvent démagogique dans son expression. Pour la droite, il s’agit d’une part de diminuer la dépense publique d’éducation, d’autre part — et non la moindre — de réduire le droit à l’éducation pour tous à un socle minimum visant à former une main d’oeuvre employable à moindre coût et une clientèle pour le secteur marchand des formations, suivies par ceux qui le souhaitent, sur leur temps libre et à leur frais. Pour le SNES, l’éducation nationale n’est pas un service public parmi d’autres, c’est une institution républicaine en charge de l’avenir de notre société. Notre projet est le refus de la reproduction sociale et des profondes inégalités et injustices actuelles. Notre ambition pour tous les jeunes est de leur permettre d’échapper au modèle consumériste que l’on tente de leur imposer et de devenir pleinement acteurs de leur devenir, dans toutes les dimensions de leur vie : dimensions personnelles et familiales, citoyennes, professionnelles et sociales. Cela passe par l’élévation de l’âge de scolarité obligatoire à 18 ans et l’accès de tous à un baccalauréat. Un tel objectif implique de se donner les moyens de prendre en compte la diversité sociale et culturelle du public scolaire, les profondes inégalités sociales, la disparité des territoires.   Notre point de vue   1. Derrière chaque coup contre l’Éducation nationale, le gouvernement et la droite construisent une transformation de fond du système éducatif pour le mettre en accord avec les dogmes du néolibéralisme mondial. Les acquis sociaux comme les services publics doivent être démantelés. En s’attaquant à l’Éducation c’est la conception de l’humain et des rapports sociaux qui est en jeu, visant le remodelage du salariat et son asservissement à la rentabilité du capital. Nous sommes devant des enjeux de civilisation à l’échelle de l’Europe et du monde. L’inimaginable est déjà là si l’on porte ses regards sur la destruction du système éducatif en Angleterre. (Voir L’école en Europe, dir. Ken Jones, La dispute) Pour ce qui concerne la France, nous nous opposons ·         à la disparition de l’école maternelle au profit de modes de garde payants, ·         à la fusion de l’école élémentaire et du collège en une « école du socle » seule obligatoire et terminale pour la moitié des élèves avant leur livraison au patronat par l’apprentissage ou les contrats de professionnalisation, ·         au couplage du lycée et de la licence pour l’autre moitié des élèves, niveau exigé par le MEDEF pour soutenir l’innovation et la compétitivité des grandes entreprises, qui implique à la fois une sélection précoce des élèves destinés aux études supérieures et une dégradation de la licence, coupée de la recherche et privée de toute cohérence disciplinaire, ·         à la mise en place du livret de compétences individualisé et à la casse des diplômes nationaux et du rapport entre formation et qualification qu’elle implique, ·         à la défonctionnarisation des enseignants préparée par la casse de leur formation, ·         à la destructuration/privatisation de l’enseignement supérieur et de la recherche.   La résistance est nécessaire, mais sur la défensive, surtout éclatée, elle ne viendra pas à bout de cette offensive. Seule la construction, dans le débat et dans l’action, d’un projet alternatif de gauche peut permettre d’affronter cette situation. C’est ce à quoi s’emploie le PCF, dans le Front de gauche, avec toutes les forces politiques, syndicales et citoyennes qui le souhaitent.   Nous partageons la conviction que l’école, l’Éducation et la formation, sont des leviers de la transformation sociale et en ce sens une institution de la République : on ne changera pas la société sans changer l’école, l’émancipation humaine étant notre but (Programme populaire partagé du Front de gauche (dorénavant PPP), chapitre 9). Cette institution relève de politiques publiques nationales élaborées démocratiquement, mais sa gestion ne peut être étatique. Il nous faut penser à la fois la démocratisation de la prise de décision politique concernant l’école (PPP, chapitre 6) et la démocratisation de sa gestion en tant que service public (PPP, Chapitre 1). Nous ne voulons ni la centralisation bureaucratique, ni, à l’opposé, l’autonomie des établissements, cheval de Troie de leur mise en marché par la concurrence et le « nouveau management public ».   Pour le PCF, les savoirs jouent un rôle croissant dans l’économie et la société : répondre aux défis de l’avenir implique de construire une école qui permette une élévation générale des acquisitions pour tous les élèves. Tous les élèves sont capables d’apprendre. Tous ont le droit de développer le pouvoir de penser par l’appropriation de savoirs ambitieux. C’est pourquoi nous opposons au « socle commun » une culture scolaire commune pour permettre à chacun de prendre pouvoir sur le monde. Les programmes doivent être repensés dans une progressivité entre les niveaux d’étude, où les disciplines visent avant tout l’émancipation intellectuelle, la capacité de réfléchir sur le monde et les pratiques. Nous voulons la même école pour tous, laïque, pour apprendre à tous les élèves à partager leurs différences et construire du commun. Les mêmes programmes pour tous jusqu’à la fin du collège sont une condition de l’égalité. Les mêmes formations doivent déboucher sur des qualifications et diplômes nationaux égaux et reconnus. Il faut en finir avec les pratiques de tri social à l’école. Nous proposons un plan de lutte contre les inégalités sociales et scolaires.   Il faut du temps pour apprendre à tous des savoirs plus complexes. Nous voulons le droit à la scolarité dès 2 ans, l’allongement du temps scolaire sur la semaine et une scolarité obligatoire de 3 à 18 ans. La démocratisation implique que les dispositifs pédagogiques soient repensés à partir de l’élève qui n’a que l’école pour apprendre les savoirs scolaires. La grande majorité des élèves viennent de familles qui ne sont pas familières de la culture scolaire et des nouveaux savoirs enseignés. Il faut cesser de reporter sur ces élèves et leurs familles la responsabilité de la réussite scolaire. L’école doit se faire à l’école.     2 : Les moyens en terme de structure et d’organisation   Pour atteindre l’objectif ambitieux décrit précédemment, et en raison même de la diversité des situations, nous plaçons au coeur de notre réflexion le principe de diversification des réponses institutionnelles. Le collège doit rester le cadre commun à tous de la première partie du second degré, afin d’éviter les évictions ou voies de relégation précoces, toujours sources de reproduction sociale. Nous rejetons l’idéologie du « socle » (socle commun – école du socle) qui repose sur une conception utilitariste et figée de l’éducation. Notre définition de la culture commune partagée est à la fois républicaine et dynamique. Cela suppose que l’on cesse de se référer à un seul modèle pédagogique — je lis, j’apprends, je récite — qui valorise un profil d’élève type, pour diversifier les pratiques pédagogiques, les modes d’acquisitions des connaissances et des apprentissages, les modes d’évaluations. Cette diversification suppose un équilibre des disciplines enseignées au collège et la diversité des séquences pédagogiques entre les discipline ou au sein de certaines d’entre elles (classes complètes, dédoublements, groupes).   Notre point de vue   2. Nous sommes pour la relance de la scolarité unique du CP à la fin du collège. Contrairement au socle commun qui ne couvre que ces deux niveaux, nous défendons la proposition d’une culture scolaire commune jusqu’à la fin de la scolarité obligatoire à 18 ans visant un bac pour tous. Egalité d’objectifs et mêmes programmes jusqu’à la fin du collège et accès de tous au lycée et le plus possible au-delà. Il ne nous paraît pas exact qu’il y ait un seul modèle pédagogique appliqué dans la classe, même si nous observons que les nouveaux programmes et instructions tendent à réhabiliter les pratiques les plus traditionnelles que vous décrivez. Les pratiques pédagogiques sont déjà diversifiées (selon les niveaux, les disciplines, les enseignants et les groupes d’élèves à qui ils enseignent). Les recherches menées dans la classe sur l’acte d’enseigner et les contenus enseignés montrent que cette diversité, nécessaire (à la base même de la liberté pédagogique), ne suffit pas à répondre à la difficulté scolaire. Nous pensons que les dispositifs pédagogiques doivent être repensés à partir de l’analyse des difficultés normales d’apprentissage rencontrées réellement par les élèves, notamment par la majorité d’entre eux qui n’ont que l’école pour s’approprier la culture et les démarches intellectuelles caractéristiques de l’entrée dans l’écrit et des savoirs complexes auxquels il donne accès. Les transformations à apporter concernent en tout premier lieu les premiers apprentissages à l’école élémentaire (l’entrée dans la culture de l’écrit) qui sont déterminants pour la suite des acquisitions et sans lesquels il ne peut être mis un terme à l’engrenage de l’échec scolaire et à la situation explosive actuelle au collège où des milliers de jeunes sont dans l’incapacité de suivre et dans un état de rejet profond de l’école et des savoirs. La pédagogie est donc un outil essentiel de la démocratisation. Cependant, il n’appartient pas au politique de désigner de « bonnes » et de « mauvaises » pratiques. Son rôle est de définir un objectif – pour nous, la démocratisation scolaire et la réussite de tous – et de favoriser la pluralité des pratiques. Le choix politiques de l’enseignement/acquisition d’une culture scolaire commune pour et par tous implique non seulement des moyens en termes de structure et d’organisation, mais une transformation significative des conditions d’apprentissage s’appuyant sur un développement de la recherche en éducation et dans la didactique des disciplines, le partage de ses démarches et de ses résultats par les enseignants-concepteurs mis en capacité de reprendre collectivement la main sur leur métier. Cela suppose une révolution de la formation des enseignants initiale et continue, permettant la co-opération avec les chercheurs et le dégagement de temps pour le travail en équipe, l’expérimentation et la réflexion collective.   Prendre en compte la diversité sociale et culturelle du public scolaire, les profondes inégalités sociales, la disparité des territoires ne doit pas consister à en rabattre sur les objectifs pour le plus grand nombre tandis que l’on écrème les territoires les plus en difficultés de leurs meilleurs éléments en leur offrant des quotas réservés dans les voies de réussite les plus prestigieuses ; cela ne peut qu’aggraver les inégalités et les effets ghettos. Nous demandons au contraire la relance d’une véritable politique de l’éducation prioritaire : pour conserver partout les mêmes objectifs, le même projet éducatif de la Nation, il convient de mobiliser davantage de moyens là où sont les besoins les plus importants : augmenter le nombre de professionnels qualifiés pour abaisser les effectifs des classes et groupes, dégager du temps — par minoration des temps de service — pour les concertations (internes ou avec des acteurs extérieurs) et projets ; mobiliser les personnels les plus expérimentés par de véritables avantages en termes de rémunération, de carrière, de service et de conditions de travail.   Notre point de vue   3. Les inégalités sociales et de territoires voulues et amplifiées par les politiques néolibérales (suppression emblématique de la carte scolaire) minent l’école et les perspectives d’avenir pour une majorité de jeunes, en premier lieu ceux des classes populaires. Le PCF inscrit son combat pour la justice sociale, dans la disparition des inégalités économiques et sociales. Avec le Front de gauche (PPP, chapitre 9), nous proposons de rétablir une nouvelle sectorisation scolaire avec plus de moyens pour les établissements qui en ont le plus besoin. Nous proposons de lancer un plan de lutte contre les inégalités sociales à l’école et de mettre en place des observatoires des inégalités rassemblant dans les territoires, des élus, des parents, des enseignants, l’ensemble des personnels de l’EN, des personnalités associées. Le PCF met au cœur de la rentrée 2011 une campagne pour l’égalité scolaire partout, avec un appel de parents des quartiers populaires et des villages. Nous luttons pour la gratuité, contre la marchandisation et la mise en marché de l’école par la concurrence. Les politiques d’éducation prioritaire ont, dans leur première phase, donné un coup de fouet à la prise en charge de la difficulté scolaire dans des centaines d’établissements de quartiers populaires. Depuis elles ont permis d’éviter un effondrement des établissements concernés. Mais il faut bien constater que les gouvernements successifs ont instrumentalisé les ZEP pour déstabiliser l’ensemble de l’EN et notamment la gestion des personnels jusqu’aux récentes décisions concernant le dispositifs CLAIR. C’est pourquoi il nous semble qu’on ne peut se contenter de proposer de relancer cette politique. Ce qui est sûr, c’est la nécessité de combattre, là encore plus qu’ailleurs, les suppressions de postes, des RASED et autres aides, de la scolarisation dès 2 ans et d’unir parents, enseignants, élus, citoyens pour que les besoins éducatifs et de formation soient pris en compte partout avec des moyens spécifiques pour abaisser significativement les taux d’encadrement et permettre aux enseignants de travailler collectivement en lien avec des équipes éducatives complètes. Cependant, nous pensons qu’à terme, c’est toute l’école qui doit être refondée sur le modèle de l’élève qui n’a que l’école pour apprendre.     Au lycée, la diversification des voies de formation - générale, technologique et professionnelle – et, au sein de ces voies, des filières et spécialités, est la réponse de notre projet à la grande diversité du public scolaire. Mais la finalité de chacune de ces voies est bien l’accès de tous à un même niveau de formation sanctionné par un baccalauréat : il s’agit de prendre en compte la diversité des projets et des aptitudes personnels pour développer des pédagogies spécifiques. Ainsi la voie technologique a été une voie de réussite pour de nombreux élèves et a largement participé à l’élargissement de l’accès au bac des années 80 aux années 2000 ; aujourd’hui mise en cause par des réformes visant surtout aux économies budgétaires, elle doit être reconstruite et développée.   Notre point de vue :   4. La mise en œuvre des réformes de la droite à ce niveau pose de nouveaux problèmes et nouvelles questions. Les voies technologiques  et professionnelles sont violemment attaquées et la voie générale subit elle aussi un remodelage. Ces réformes suscitent des résistances qui concernent les moyens et les contenus d’enseignement. La question des trois voies, des modalités de leur revalorisation fait l’objet de réflexions, mais aussi monte un débat parmi les forces de gauche, y compris au sein du PCF, les chercheurs et les syndicalistes sur l’avenir du lycée opposant les partisans d’un lycée unique aux partisans du renforcement et de la valorisation des différentes voies générales, professionnelle et technologique.   La position actuelle du PCF est la suivante : - l’existence des voies professionnelle et technologique est un outil important de démocratisation, dans le contexte actuel, elles doivent être défendues et revalorisées ; - à plus long terme, notre projet d’une école de la réussite pour tous avec une scolarité vraiment unique jusqu’à 16 ans devrait permettre que l’orientation à la fin du collège ne soit plus une sélection, mais repose sur un vrai choix ; la question des filières se poserait alors différemment ; - si on place au cœur de la culture commune l’apprentissage de la réflexion sur les pratiques, cet apprentissage peut être réalisé par le biais de disciplines différentes : les différentes voies, repensées et revalorisées, peuvent offrir différentes façons d’acquérir cette même démarche.       Notre conception même de la finalité des voies technologiques et professionnelles nous conduisent à rejeter les modalités d’apprentissage et d’alternance : le droit à l’éducation pour tous ne peut être subordonné au fait de trouver un maître de stage et l’éducation des futurs citoyens doit rester l’apanage de la République et de son école.   Notre point de vue :   5. Le PCF se prononce pour une scolarité obligatoire dans un service public unifié jusqu’à 18 ans, ce qui exclut la voie de l’apprentissage dès 16 ans, voir son retour à 14 ans comme certains en rêvent ou l’ont fait dans d’autres pays. Les sorties du système éducatif à16 ans sans diplômes ou qualifications, le rejet précoce de l’école par des adolescents malmenés, voir exclus par le système, l’idée (y compris chez les enseignants et pour leur formation) que les métiers s’apprennent par la pratique sur le tas, les campagnes patronales et gouvernementales ont largement contribué à revaloriser cette modalité de la formation professionnelle. Pour nous, les collaborations avec le monde du travail pour offrir aux élèves en formation initiale la possibilité de se confronter aux pratiques réelles (techniques et relatives aux rapports sociaux au travail) et préparer l’insertion professionnelle doivent être placée sous la responsabilité de l’EN.     Les Conseillers d’Orientation – Psychologues, dans les établissements comme dans les CIO ouverts au public, sont au service des jeunes, de leurs familles et des ambitions de la nation pour l’école. Le service public d’orientation est actuellement victime de l’insuffisance de recrutement de CO-Psy (30% d’emplois non statutaires), de fermetures de CIO de proximité pour des raisons budgétaires, de la mise en concurrence avec d’autres services de l’Etat et de la volonté des collectivités territoriales de les sortir de l’Education nationale. Nous réaffirmons que leurs missions sont indispensables au projet éducatif national, dans les EPLE comme dans les CIO, et qu’il convient de les développer, de les renforcer et de les recruter en nombre suffisant.   Notre point de vue :   6. Le PCF considère indispensable de maintenir ce service dans l’EN. Nous sommes opposés à l’externalisation hors du système scolaire des missions de suivi psychologique et d’accompagnement dans la construction du projet personnel d’orientation des élèves. Nous proposons que soit créé un grand service unifié de psychologie de l’éducation, de la formation et de l’orientation scolaire ayant compétence à intervenir auprès des élèves de la maternelle à l’université. Le besoin de la mise en place d’un service public de l’orientation tout au long de la vie n’enlève en rien la spécificité de l’orientation à l’école : éducation au choix, avant d'être choix d'un métier, processus mûrissant tout au long de la scolarité et nécessitant donc un accompagnement dans la durée.  Nous rétablirons les postes de conseillers d’orientation psychologues et procéderons à des recrutements pour que tous les jeunes aient accès au service public d’orientation (PPP, chapitre 9).   3 : Des personnels qualifiés, formés, reconnus et revalorisés en nombre suffisant   L’élévation des qualifications requises pour les professionnels du second degré s’est accompagnée de la suppression de leur formation professionnelle et d’une entrée de plein fouet dans l’exercice de leur métier. Nous réaffirmons qu’enseigner, conseiller, encadrer sont des métiers qui s’apprennent, dans un cadre universitaire où les premières expériences professionnelles peuvent être confrontées à un travail de retour théorique sur la didactique des disciplines et les sciences de l’éducation. Nous redemandons une véritable année de formation, dans le cadre des IUFM rénovés, avec un temps de présence devant les élèves n’excédant pas le 1/3 du temps de service, en décharge du service du tuteur et dans un volume et une progressivité concertée et adaptée à chacun. La formation continue des personnels est depuis des années une véritable peau de chagrin, de plus en plus limitée aux réformes et commandes institutionnelles ; il convient de reconstruire un véritable droit à la formation continue comprenant du temps libéré et des moyens financiers.   Notre point de vue :   7. Pour nous, la formation des enseignants initiale et continue est au cœur des transformations à opérer dans le système éducatif comme moyen d’assurer aux enseignants, face à la casse actuelle et au besoin d’une nouvelle étape de démocratisation, la reprise en main et l’entière maîtrise de leur métier. Nous partageons l’idée qu’il y a urgence à rétablir pour les enseignants stagiaires l’année de stage avec tiers temps devant la classe. Mais cette mesure ne saurait suffire. Tout est à repenser, ce qui ne pourra se faire sans les enseignants eux-mêmes et les universitaires et leurs organisations syndicales. Un point crucial que la mastérisation en cours ne résout pas est l’établissement de lien avec la recherche tant pour la formation initiale que continue. Nous défendons le pré-recrutement des enseignants en formation, pour que la hausse du niveau de formation des enseignants ne s’accompagne pas d’une sélection sociale accrue. Nous combattons les propositions de la droite qui instrumentalise la mastérisation pour défonctionnariser la profession (menace de suppression du concours) et proposer des masters en alternance présentés comme mesure à caractère social !   Depuis de nombreuses années, nous sommes confrontés à un déclassement social lié à une érosion de notre pouvoir d’achat proche de la paupérisation. L’érosion de la valeur du point d’indice de la FP, la faiblesse des régimes indemnitaires et des mesures de carrière dans l’EN en sont la cause : chaque année les nouveaux recrutés ont une rémunération réelle inférieure à ceux de l’année précédente : 0,7 à 1,2 points de moins ne constituent pas une différence de niveau de vie, mais au bout de 30 ans1, cela représente 3 à 4 mois de salaire par an. L’élévation de leurs qualifications ne s’est accompagnée d’aucune revalorisation de carrière. Nous exigeons une revalorisation rapide de nos métiers qui repose sur des mesures indiciaires et de carrière. Dans le même temps cette revalorisation doit être garantie dans le temps par l’ouverture de véritables négociations salariales dans la FP pour le rattrapage des pertes subies par la valeur du point et des mesures de garanties du pouvoir d’achat pour l’avenir.   Notre point de vue :   8. Nous partageons votre analyse et les exigences de revalorisation des salaires et des métiers de l’enseignement. Ces besoins touchent l’ensemble de la fonction publique et des services publics Nous sommes aussi conscients qu’il y faudra d’énormes moyens qui nécessitent des transformations économiques, sociales et démocratiques touchant au fondement du capitalisme et des pouvoirs de la finance (voir ensemble PPP).     Confrontés depuis des années à des suppressions massives de postes statutaires transformés en heures supplémentaires et emplois précaires, nous affirmons que, pour atteindre les objectifs de notre projet éducatif au service de tous les jeunes et donc de la nation, pour réduire les effectifs des classes et groupes, pour diversifier l’offre de formation, pour améliorer nos conditions de travail et en réduire la charge, à commencer dans les dispositifs d’éducation prioritaire, nous demandons des créations massives d’emplois publics, programmées dans un plan pluriannuel permettant de résorber efficacement la précarité par un plan de titularisation ambitieux et rapide et le financement de pré-recrutements d’étudiants pour démocratiser l’accès à nos métiers et faire face à leur désaffection.   Notre point de vue :   9. Nous proposons d’abroger la RGPP qui sape la fonction publique et les services publics. Nous faisons nôtres les objectifs du Pacte pour les services publics adoptés aux Etats-généraux de janvier 2011. Concernant l’enseignement, nous proposons de rétablir les postes supprimés et d’engager un plan de recrutement sous statut de la Fonction publique d’État. (PPP, chapitre 9)   Nous nous battons depuis des années par l’intermédiaire de nos députés et sénateurs pour le rétablissement d’un pré recrutement d’enseignants pour rendre accessible la profession à tous les milieux sociaux dans le cadre d’une formation à temps plein.     4 : Financer ces ambitions   Notre projet éducatif est ambitieux pour la jeunesse et l’avenir de la nation ; il représente une mobilisation importante de ressources financières qui ne doivent pas être présentées comme un coût ou de simples dépenses courantes de fonctionnement mais comme un réel investissement dans l’avenir. Aujourd’hui de nombreux dispositifs périphériques, rendus nécessaires par les abandons d’ambitions éducatives, les pertes de repères et d’espoirs de la jeunesse, représentent également des dépenses importantes. A contrario nous savons que dans l’économie des années à venir, un haut niveau de qualifications sera un atout du développement et de la création de richesses. Nous préconisons que la priorité donnée à l’éducation ne restent pas un slogan de campagne, mais une réalité, clairement revendiquée par ceux qui seront en charge des affaires du pays l’an prochain.   Notre point de vue :   10. L’augmentation générale du niveau de connaissances dans toute la société est essentielle à l’avenir de notre économie et de notre démocratie. Si les moyens financiers ne suffiront pas en eux-mêmes à opérer l’indispensable changement du système éducatif, rien ne se fera sans moyens considérables. Nous proposons de porter la part du budget de l’État pour l’éducation à 7% du PIB. Au delà de la formation initiale, nous mettons au cœur de notre combat la sécurisation de l’emploi et de la formation, des revenus et de tous les moments de la vie. (PPP, chapitre 1 –Abolir la précarité ; chapitre 4 – Priorité à l’emploi et à la qualification).       Autant pour des raisons de justice sociale et de refondation du pacte républicain que pour donner à l’Etat les moyens financiers de son fonctionnement nous demandons que le partage des richesses créées entre ceux qui les ont créées et dont les besoins non satisfaits sont immenses et ceux qui les confisquent qui ne font qu’alimenter des bulles spéculatives, soit « rééquilibré ». Cela signifie d’abord l’augmentation des salaires directs et socialisés, mais également une remise à plat de la fiscalité dont l’élément principal doit redevenir conforme à l’article 13 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, à savoir la participation de chacun aux dépenses collective en fonction de ses moyens ; selon nous cela passe par un impôt direct sur l’ensemble des revenus dont la progressivité doit être beaucoup plus importante dans les tranches élevées.   Notre point de vue : 11. Nous défendons aussi une meilleure répartition des richesses, par l’augmentation des salaires et une nouvelle fiscalité. Nous pensons qu’il faut aller beaucoup plus loin dans les transformations afin que le peuple reprenne le pouvoir sur l’utilisation de l’argent, sur le crédit pour l’investissement, notamment dans les services publics, la production et la planification (notamment écologique) et les institutions de la République et de l’UE, particulièrement le rôle de la Banque centrale européenne. La production de richesses ne doit plus obéir à la seule exigence de rentabilité : en créant des pôles publics industriels et bancaires, des fonds pour l’emploi et la formation, nous pouvons réorienter le crédit et donc la production en fonction de critères nouveaux, écologiques, sociaux et humains. Voir l’ensemble des propositions du PPP et ses 9 chapitres dont les intitulés résument le sens :
    1. Partager les richesses et abolir l’insécurité sociale.
    2. Reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers.
    3. La planification écologique.
    4. Produire autrement.
    5. La République pour de vrai.
    6. Convoquer l’assemblée constituante de la 6ème République.
    7. S’affranchir du Traité de Lisbonne et construire une autre Europe.
    8. La France pour changer le cours de la mondialisation.
    9. L’émancipation humaine pour but.

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