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Face au capital : Imposons un populisme de lutte de classe - Nicolas Cohard - section d'Échirolles

Être populiste ce n'est pas un gros mot, ce n'est pas être un démagogue ou un fasciste comme peuvent le penser les libéraux. Pour rappel, le populisme a pour racine les mouvements narodniks (gens du peuple) russe au 19ème siècle. Ils prônaient une société s’inscrivant pleinement dans le socialisme et pour laquelle Marx éprouvait de l’admiration. Être populiste c'est donc s'inscrire dans cette histoire et dans ces valeurs socialistes.

Le populisme n’est ni une idéologie ni une doctrine, nous devons nous en servir comme stratégie politique pour unir ceux d’en bas contre ceux d’en haut, les exploités contre les exploiteurs, autrement dit tous les laissés pour compte de la mondialisation libérale contre cette oligarchie libérale. Nous ne devons plus prendre le populisme comme une insulte, dans l’état d’éclatement et de faiblesse du rapport de force actuel il doit nous servir à rassembler le plus grand nombre face au capital, fédérer le peule contre l’élite capitaliste.

La stratégie politique qui consiste à vouloir « rassembler le peuple de gauche » se définir comme étant « la vrai gauche » ou « la gauche de la gauche » ne fonctionne plus. Cela a été fédérateur à une époque, il ne s’agit pas là de le renier mais aujourd’hui ça ne l’est plus. Une grande masse de ces laissés pour compte ne s’y reconnaissent pas, traditionnellement pour certains, comme les artisans, les petits commerçants ou les paysans ; structurellement pour les autres, qui ne se sentent appartenir ni à gauche ni à droite. D’ailleurs Marx ne s’est jamais revendiqué « de gauche », ni les socialistes révolutionnaires ni les syndicalistes révolutionnaires du 19ème siècle.

Si nous voulons rassembler, nous devons donc sortir de ce clivage qui divise des personnes aux intérêts communs. Ne plus opposer la gauche et la droite mais ceux d’en bas contre ceux d’en haut. Ce peuple est un sujet à construire, à rassembler dans la lutte. Nous devons nous adresser à tout ce corps social divers mais aux intérêts communs qui subit de plein fouet les délocalisations, les rationalisations, les baisses de revenu ; à savoir : les ouvriers, les techniciens, les ingénieurs, les petits cadres, les employés de bureau, les petits fonctionnaires, les paysans, les artisans, les petits commerçants, les chômeurs, les salariés ubérisés.

C’est dans ce sens que notre populisme détient comme moyen la lutte des classes, puisqu’il organise l’affrontement d’une classe contre une autre : le monde du travail contre le capital, dans un but, la création d’une société nouvelle fondée sur le partage, le collectif, la véritable démocratie (pouvoir au peuple) dans laquelle le peuple serait souverain, acteur et décideur de son avenir, une société qui pourrait s’engager sur la voie du socialisme.

Nicolas Cohard, Section Échirolles