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L'Humanité et la bataille idéologique - Par Jean Rabaté - Section de Saint-Egrève

L’HUMANITE ET LA BATAILLE IDEOLOGIQUE

« Lecteur de « l’Huma » depuis 1945, ayant eu l’honneur et la responsabilité d’y écrire pendant plus d’un quart de siècle, abonné depuis mon départ en retraite il y a 26 ans, je n’ai nulle envie de me désabonner, de cesser de souscrire, ni de « prendre à partie » qui que ce soit ; surtout pas Patrick Le Hyaric dont j’apprécie les efforts qu’il multiplie pour la survie de notre journal. Je veux simplement réagir fraternellement à la « mise au point » qu’il a faite au cours de l’assemblée générale des « Amis de l’Humanité » le 13 janvier.

« L’Humanité, a-t-il déclaré selon le compte-rendu publié de son intervention, n’est pas un journal qui prône une contre-société, mais qui veut permettre à … / … chacun et à chacune de fédérer tout le monde, dans la sphère progressiste.(…) » J’avoue ma surprise, étant toujours convaincu que « l’Huma » est un journal qui a pour raison d’être fondamentale de contribuer à mettre bas la société actuelle capitaliste et de la remplacer par une société socialiste, communiste à plus longue échéance. C’est en raison de son combat pour cet objectif que « l’Humanité » a toujours été durement attaquée par les uns et fidèlement soutenue par les autres. C’est également ce qui différencie notre journal d’autres publications pouvant également assurer qu’elles œuvrent à un rassemblement de tous dans la sphère progressiste (« Regards », « Politis » pour ne citer qu’eux), mais souvent ambiguës sur les perspectives politique, économique et sociale qu’elles suggèrent.

Patrick Le Hyaric regrette par ailleurs : « on lit trop souvent l’Humanité à travers le prisme de ce qu’on pense soi-même ». Je ne vois ni comment ni pourquoi faire abstraction de mes idées avant lecture, quitte à les revoir et/ou les enrichir après avoir pris connaissance de telle information, tel événement présenté et commenté dans un article, une enquête ou un éditorial. Car je suis bien d’accord pour que « l’Huma » ne dise pas « ce qu’il faut penser », mais qu’il favorise la réflexion en donnant à ses lecteurs « des informations pour que chacun se forge son opinion ».

La mise au point de Patrick se termine par l’invitation à ne pas chercher: « dans le journal ce que vous pensez déjà. ». Ça tombe bien, ce n’est pas ce que j’y cherche lorsque je l’ouvre. Mais je ne cache pas être très heureux lorsqu’au fil de ma lecture, j’y trouve matière à confirmer ce que je pense. Notamment des arguments en faveur des idées communistes que je souhaite faire partager avec l’appui de mon journal, depuis que jeune militant, je suis fier d’avoir appris et exercer mon métier de journaliste à « l’Avant-Garde » puis à «l’Huma » et à « l’HD ».

NOTA : Depuis la rédaction de ce texte le sondage VIAVOCE commandé par la fondation Gabriel Péri a été publié. Entre autres résultats, « La cote du communisme et du marxisme chez les Français » a retenu mon attention. Comme le souligne l’analyse faite par l’Huma, le sondage révèle de réelles potentialités. Il confirme aussi, s’il en était besoin, l’importance du travail qui reste à faire pour élargir le champ de celles et ceux qui partagent ou ont de la sympathie pour nos idées et nos combats. Ce n’est donc pas selon moi le moment d’en « rabattre » sur notre raison d’être. J’estime au contraire que le parti, l’Huma et ses autres moyens de communication doivent à la fois confirmer notre attachement à l’idéal communiste, expliquer idéologiquement nos choix et propositions et démontrer que loin d’être dépassés ils correspondent aux nécessités du XXIème siècle.

Je termine par cette citation de Lénine (dans « Que faire ? », je crois) souvenir d’une école du parti : « Chaque fois que le centre de gravité de la bataille change, une nouvelle fonction de la presse doit être définie sans abandonner les fonctions précédentes qui deviennent secondaires ». Dans la situation actuelle, je crois que le centre de gravité de notre bataille doit être la bataille idéologique dans le but de renforcer le parti pour modifier le rapport des forces à gauche et dans la société. Sans pour autant abandonner la fonction de rassembleurs que nous pourrons alors de nouveau privilégier comme nous le faisons depuis plusieurs années.

RAPPEL : Le premier numéro de l’Humanité  créé par Jean Jaurès en 1904 porte en sous-titre « Journal socialiste quotidien ». A l’issue du congrès de Tours en 1921 le sous-titre devient « Journal communiste », et deux ans plus tard « Organe central du parti communiste (SFIC) ». L’Internationale Communiste ayant été dissoute en 1943, la parenthèse disparaît, mais jusqu’en 1994 l’Humanité reste «Organe central du parti communiste ». A l’occasion du XXVIIIème congrès du parti, cette précision est  remplacée par «Journal du PCF », mention aujourd’hui remplacée (depuis octobre 2009 je crois) par: « Le journal fondé par Jean Jaurès ».